Les maraisLes marais

Les marais

Les marais sont un type de formation paysagère au relief peu accidenté où, le sol est recouvert en permanence ou par intermittence, d'une couche d'eau stagnante, en général peu profonde et, couverte de végétations. On parle de zone humide.

En novembre 1668, le roi Louis XIV, par des lettres patentes, fait don au Maréchal de Turenne de terres situées dans la communauté de Saint-Savin - Demptézieu et communes voisines. Terres appelées les marais, qui formaient de très importants pâturages. Terres, également appellées Seigneurie de Neufville bénéficiaient de toute justice haute moyenne et basse. Cette formule donnant un droit de vie de mort sur ses sujets, sans contestation possible. 

Les meilleures terres étaient la propriété des Seigneurs. Seules les terres assez ingrates et de travail difficile étaient laissées au commun des mortels. Telles les terres dans les marais.

Le Maréchal de Turenne ne s'interressa guère à cette donation, mais après son décès en 1675, son neveu et héritier, Godefroy De La Tour d'Auvergne, fit établir à son nom d'autres lettres patentes, datées de 1676, car il vit la possibilité de revenus importants obtenus par la contrainte sur les populations locales, et il fit tout pour éliminer les légitimes propriétaires. Légitimes propriétaires, selon acte de 1542.

Le 1er acte de Godefroy De La Tour d'Auvergne fût d'en chasser les paysans vivant sur ces terres, même si cette action condamnait à la plus grande misère et, à la mort par famine, leurs femmes, leurs enfants et eux-même ou, de tolérer mais avec une importante augmentation des charges et impôts à son avantage. 

Des procès furent intentés par les habitants et par les communautés pour leur survie. Dans les archives concervées à la mairie de Saint-Savin, de nombreux manuscrits concernent ces évènements ainsi que les dettes contactées à cet effet. D'autant que les juges, issus de la noblesse, n'étaient pas d'une impartialité parfaite. 

Le 5 juillet 1805, Napoléon ordonne par décret impérial l’assèchement des marais et, marque ainsi le coup d’envoi d’un projet de grande ampleur : mettre fin à l’insalubrité de milliers d’hectares et de les transformer en riches terres agricoles.

Le premier “coup de pioche” est donné le 25 novembre 1808, à Chamagnieu. C’est le début d’un chantier titanesque, mené par la société Bimar de Montpellier : 600 ouvriers sont mobilisés pour creuser des centaines de canaux. Alors que les guerres napoléoniennes vident le pays de ses hommes, la main d’œuvre est difficile à trouver et on recourt à 400 prisonniers espagnols. Les travaux se déroulent dans des conditions souvent difficiles, dues à de nombreuses intempéries. Malgré tout, l’ensemble des marais sont drainés et le chantier s’achève en 1814, dans les délais exigés par Napoléon. Les terres sont alors mises en culture et donnent bientôt de magnifiques récoltes.

Mais les obligations d’entretien des ouvrages ne sont pas respectées. Les ouvrages se dégradent et des “étangs” réapparaissent au milieu des terres…

Il faudra attendre les années 1940 pour arriver à une rénovation générale du dispositif de drainage. En 1941, l’Etat déclare ces travaux d’Utilité Publique et octroie une subvention de 4,8 millions de francs. Malgré la guerre, les travaux ont lieu et donnent à l’ensemble du réseau sa forme actuelle. Aujourd’hui, près de 210 ans après la décision de Napoléon, le Syndicat Intercommunal des Marais de Bourgoin, composé de 21 communes, est propriétaire de 165 km de canaux, qui drainent 4 400 hectares.

Source : "Historique de l’assèchement des marais de Bourgoin et Morestel", par Annick Meneau et Georges Carrabin