Les constructions en pisé

Les constructions en pisé

L'habitat traditionnel en Dauphiné est très varié : Pierre, bois, terre. Le pisé est la méthode la plus répandue.

Les premiers murs faits de cette terre, connus en Gaule méridionale, datent de la fin du bronze (8e siècle avant JC). Les techniques ont été introduites par les Grecs et Carthaginois. Le pisé semble avoir pratiquement disparu au Moyen Age supplanté par le bois et le torchis. Le pisé connaît une renaissance au siècle des Lumières grâce à François Cointeraux, architecte rural lyonnais d’origine (1740 – 1830). En 1876, il construit sa première maison incombustible en pisé. En effet le succès du pisé à cette époque tient à sa résistance au feu.

Le patrimoine en pisé du Dauphiné est très riche. Les constructions datent du début du 19eme siècle comme le confirme le cadastre Napoléon (1836) qui mentionne le hameau de la Grande Charrière (par où passaient les chariots rejoignant Saint Chef).

Technique :

La terre argileuse est damée à l’aide d’un pilon dans des banches. Les banches sont des coffrages de largeur 40 cm, longueur 180 cm, hauteur 80 cm. Le damage se fait par couches et banchée par banchée.

François COINTERAUX en donne la définition suivante : « le pisé est un procédé d’après lequel on construit les maisons avec de la terre, sans la soutenir par aucune pièce de bois, et sans la mélanger de paille, ni de bourre. Il consiste à battre, lit par lit, entre des planches, à l’épaisseur de murs ordinaires de moellons, de la terre préparée à cet effet. Ainsi battue, elle se lie, prend de la consistance et forme une masse qui peut être élevée à toutes les hauteurs données pour les habitations ».

Avenir – Projet:

L’abondance du matériau, la simplicité de mise en œuvre et son faible coût sont les atouts principaux du pisé. Son handicap est la main-d’œuvre nécessaire (damage, pilonnage).

En conclusion, la technique est bien adaptée aux pays défavorisés ou les modes de travail communautaire existent encore. Cependant, la mécanisation des tâches reste possible et depuis 1990, des organismes se créent pour inciter à la restauration de notre patrimoine à l’aide de ces techniques ancestrales.

Sur la Commune, une étude a été réalisée en vue de réhabiliter la grange en pisé dans la pisciculture sud, chantier envisagé en réinsertion et chantier école. Des aides spécifiques sont en cours de discussion dans le cadre du Contrat Global de Développement « Isère, Porte des Alpes ».