Patrimoine NaturelPatrimoine Naturel

Patrimoine Naturel

L'eau, la vigne, ... sont se qui constitue notre patrimoine naturel.

Promenade autour de nos lacs et étangs, dans les marais... A la découverte de notre viticulture, de notre participation à l'industrie de la soie...

 

Les Muriers :

Autrefois à Saint-Savin, beaucoup de familles pratiquaient l'élevage de vers à soie. Elles vendaient les cocons aux soyeux de Lyon. 

Elles tiraient ainsi un complément de revenu qui leur servait à acquérir des produits comme le sucre, le sel, le café...

Un millier de feuilles de mûrier faisait 10 quintaux* qui nourrissaient une once de graine de vers. Un once de graine rendait 5 à 6 livres de soie. 

*Le quintal est de cent livre. Dans le monde paysan, on utilise toujours cette mesure. 

 

 

Les Lacs :

Le lac Clair et le lac Jublet, reliés par une zone marécageuse, bénéficient d’un classement en ENS (Espace Naturel Sensible) destiné à protéger leur biodiversité.

Ces lacs présentent la particularité d’être exclusivement alimentés par une nappe phréatique, à l’exclusion de tout cours d’eau. Une originalité qui leur confère une flore et une faune rare adaptée à l’intermittence de l’eau.

Le Lac Clair 

 

Cuvette argileuse de 8 hectares, il se compose aussi du Grand Gaillot 5 hectares, et du Jublet 10 hectares, où  se trouvent les sources qui alimentent le lac.

Il est aussi alimenté pendant la période d’hiver par des sétives lorsque les terrains sont gorgés d’eau. Son niveau dépend surtout de la nappe phréatique. Les Anciens prétendent qu’il est alimenté par la fonte des neiges du Mont Blanc.

En 1973, une pompe électrique de 300 m3/h fut installée par la société de pêche pour assécher le lac plus rapidement afin de détruire les poissons chats très nuisibles qui, l’infestaient depuis plusieurs années.

Les alternances régulières des hautes et basses eaux du lac sont bénéfiques à une certaine forme de végétation. Quelques espèces rares et protégées germent après plusieurs années passées sous l’eau. Ainsi, le Lac Clair est le seul endroit en Isère, où la laîche de bohème, espèce eurasiatique, se développe pleinement.

En 1990, il ne restait qu’une petite flaque de 20 cm de profondeur. Une pêche au filet fut organisée pour sauver le poisson. Parfois, le lac s’assèche ; 1944 – 1946, 1973 (il est mis en culture : blé, avoine et maïs furent récoltés en abondance) et plus récemment, en 2008 - 2011.

Différentes espèces de poissons peuplent et se reproduisent dans le lac : gardons, rotengles, tanches, carpes, brochets, perches-soleil, perches royales et black bass.

En prenant le chemin du Jublet et en s’approchant du bord de l’eau, on peut observer plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques : grèbe huppé, héron cendré, butor, plongeon arctique, canard colvert, foulque noire et plus rarement, martin pêcheur.

La société de pêche « Les Amis du Lac » créée par Jean-Louis GRANDJEAN en 1938, en collaboration avec la municipalité gère et entretient cet espace pour le plaisir de tous.

Le lac Gris 

Le lac Gris est partiellement rempli par les eaux de ruissellement. Il est en relation avec la nappe, dont elle contribue à l’alimentation en eau. Lorsque les niveaux d’eau de la nappe sont suffisamment hauts, les eaux du lac et de la nappe sont mises en relation. Aucun exutoire efficace n’existe pour le lac Gris. Historiquement, des canaux d’exutoire en pierres et céramiques auraient été creusés entre les maisons du hameau de Demptézieu.

Le lac Mort

L’alimentation en eau du lac Mort semble venir essentiellement des eaux de ruissellement. Il joue le rôle de bassin tampon pour le bassin versant auquel il appartient. Cependant, lors d’une importante remontée du niveau de la nappe, celle-ci pourrait également l’alimenter en eau.  

Le lac Mort et le lac Gris étaient utilisés comme zone de pâture jusque dans les années 1980-1990. Leur mise en culture est continue depuis lors, sauf les années de hautes eaux. 

 

 

Le Site de la Pisciculture :

Nichée au cœur de son écrin de verdure, cette zone humide classée Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique (ZNIEFF) ne peut laisser le promeneur indifférent.

Trois bâtisses, caractéristiques du patrimoine régional, construites en pisé vers 1800 indiquent l’entrée du site.

Le moulin, à l’architecture majestueuse, a produit du courant électrique pour le village, jusqu'en 1918. On peut apercevoir la meule de pierre posée devant « la Maison de la nature ». 

L’ancienne pisciculture nous ouvre ses portes. De l’étang, d’environ 1 hectare,  jusqu’à ses recoins les plus sauvages, découvrons ce réseau de ruisseaux, d’anciennes vannes, de retenues qui servient pendant de très nombreuses années à produire des truites. Le laboratoire d'écloserie se situait dans le bâtiment servant aujourd'hui de garderie (la Maison Boulud). La pisciculture fût créée en 1920 par Mme Boulud et reprise en 1965 par la famille Croset. A sa fermeture et après un très long abandon, le site fut repris en main par la Commune, par la société de pêche « La Truite Vigneronne » et la société de Chasse.

La Qualité Naturelle du Site

Tout d’abord, l’eau, présente partout, source de vie et de mystère. L’eau cristalline de la rivière où nombre de truites fario vivent à l’affût de leurs proies préférées. L’eau verte de l’étang où avec un peu de chance, on découvrira l’amour blanc, poisson d’origine orientale et gros mangeur d’herbes.

Avec le concours de la région Rhône-Alpes, l’association « LO PARVI » a inventorié la flore de ce lieu exceptionnel et répertorié :

- 129 espèces de plantes dont l’orchidée,

- 9 espèces d’invertébrés dont 3 sortes de libellules

- 9 espèces de reptiles et d’amphibiens, toutes sur la liste rouge départementale (espèces rares à protéger)

- 45 espèces d’oiseaux dont 5 sur la liste rouge départementale.

A signaler la présence du cincle plongeur*, bon indicateur de la qualité des eaux sur le site.

   

*Cincle plongeur, Cinclus cinclus. 18 cm. Petit oiseau dodu, de la taille d’une Grive, gorge blanche et courte queue. Toujours à proximité des cours d’eau, on le voit aller et venir fébrilement sur les pierres. Non migrateur.

 

Tout au long de votre promenade, vous pourrez découvrir, grace aux indications et nichoirs installés par LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), les différentes espèces présentent sur le site et leur habitat naturel.

 

      

lo.parvi.free.fr/

www.lpo.fr/

 

 

Les Marais :

En novembre 1668, le roi Louis XIV, par des lettres patentes, fait don au Maréchal de Turenne de terres situées dans la communauté de Saint-Savin - Demptézieu et communes voisines. Terres appelées les marais, qui formaient de très importants pâturages. Terres, également appellées Seigneurie de Neufville bénéficiaient de toute justice haute moyenne et basse. Cette formule donnant un droit de vie de mort sur ses sujets, sans contestation possible. 

Les meilleures terres étaient la propriété des Seigneurs. Seules les terres assez ingrates et de travail difficile étaient laissées au commun des mortels. Telles les terres dans les marais.

Le Maréchal de Turenne ne s'interressa guère à cette donation, mais après son décès en 1675, son neveu et héritier, Godefroy De La Tour d'Auvergne, fit établir à son nom d'autres lettres patentes, datées de 1676, car il vit la possibilité de revenus importants obtenus par la contrainte sur les populations locales, et il fit tout pour éliminer les légitimes propriétaires. Légitimes propriétaires, selon acte de 1542.

Le 1er acte de Godefroy De La Tour d'Auvergne fût d'en chasser les paysans vivant sur ces terres, même si cette action condamnait à la plus grande misère et, à la mort par famine, leurs femmes, leurs enfants et eux-même ou, de tolérer mais avec une importante augmentation des charges et impôts à son avantage. 

Des procès furent intentés par les habitants et par les communautés pour leur survie. Dans les archives concervées à la mairie de Saint-Savin, de nombreux manuscrits concernent ces évènements ainsi que les dettes contactées à cet effet. D'autant que les juges, issus de la noblesse, n'étaient pas d'une impartialité parfaite. 

Le 5 juillet 1805, Napoléon ordonne par décret impérial l’assèchement des marais et, marque ainsi le coup d’envoi d’un projet de grande ampleur : mettre fin à l’insalubrité de milliers d’hectares et de les transformer en riches terres agricoles.

Le premier “coup de pioche” est donné le 25 novembre 1808, à Chamagnieu. C’est le début d’un chantier titanesque, mené par la société Bimar de Montpellier : 600 ouvriers sont mobilisés pour creuser des centaines de canaux. Alors que les guerres napoléoniennes vident le pays de ses hommes, la main d’œuvre est difficile à trouver et on recourt à 400 prisonniers espagnols. Les travaux se déroulent dans des conditions souvent difficiles, dues à de nombreuses intempéries. Malgré tout, l’ensemble des marais sont drainés et le chantier s’achève en 1814, dans les délais exigés par Napoléon. Les terres sont alors mises en culture et donnent bientôt de magnifiques récoltes.

Mais les obligations d’entretien des ouvrages ne sont pas respectées. Les ouvrages se dégradent et des “étangs” réapparaissent au milieu des terres…

Il faudra attendre les années 1940 pour arriver à une rénovation générale du dispositif de drainage. En 1941, l’Etat déclare ces travaux d’Utilité Publique et octroie une subvention de 4,8 millions de francs. Malgré la guerre, les travaux ont lieu et donnent à l’ensemble du réseau sa forme actuelle. Aujourd’hui, près de 210 ans après la décision de Napoléon, le Syndicat Intercommunal des Marais de Bourgoin, composé de 21 communes, est propriétaire de 165 km de canaux, qui drainent 4 400 hectares.

Source : "Historique de l’assèchement des marais de Bourgoin et Morestel", par Annick Meneau et Georges Carrabin

 

 

 

La Vigne :

Autrefois, chaque famille cultivait ses barrières de vigne pour sa consommation et la vente.

Aujourd’hui, il reste encore à Saint-Savin un vigneron bénéficiant de l'appelation « Isère - Balmes Dauphinoises ».

Le vin des Balmes Dauphinoises est obtenu par différents cépages :

  • Vin blanc : chardonnay, jacquère, aligoté, pinot gris
  • Vin rouge : pinot noir, syrah, mondeuse, merlot, gamay.

 

Cépages d'origine local

La «Mècle de BOURGOIN» (Poulsard ?) trouvée à Saint-Savin est à bourgeonnement cotonneuse et à feuilles aranéeuses (GALET 1990).

C’est un joli raisin à gros grains oblongs, délicieusement parfumé à pellicule fine peu colorée et contenant peu de tannin. (guide Hachette des vins -  France 1986).

Le «Servanin» ou «Mortelet» (BOURGOIN), cépage noir à petites grappes aux petits grains ellipsoïdes, noir bleuté, qui donne un vin coloré très astringent
(P. GALLET - 1990).